Depuis le 24 février, plusieurs informations ont circulé sur les réseaux sociaux annonçant la mort de Willy Ngoma. Cette information a été confirmée par des médias crédibles, tant au niveau national qu’international, notamment Radio Okapi, Top Congo FM, RFI et France 24. Ces médias ont rapporté l’assassinat de Willy Ngoma, présenté comme porte-parole militaire du mouvement AFC/M23 à Rubaya, dans le territoire de Masisi, lors de frappes attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Cependant, le même 24 février, un communiqué est devenu viral sur les réseaux sociaux affirmant que la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), organe de coordination des évêques catholiques en République démocratique du Congo, condamnait « avec sa dernière énergie » l’assassinat de Willy Ngoma. Ce document a largement circulé, suscitant de nombreuses réactions en raison de la sensibilité du contexte sécuritaire.
Face au risque élevé de désinformation, nous avons procédé à une vérification rigoureuse. Premièrement, nous avons consulté les comptes et canaux officiels de la CENCO afin de confirmer l’existence d’un tel communiqué. Deuxièmement, nous avons effectué un recoupement auprès de plusieurs médias fiables pour vérifier si une déclaration officielle avait été publiée ou relayée.
Après vérification, aucune trace d’un communiqué officiel condamnant l’assassinat de Willy Ngoma n’a été trouvée. Aucun média crédible n’a rapporté une telle déclaration, et le document viral ne figure sur aucun canal officiel.
Par ailleurs, un communiqué officiel de la CENCO a été publié pour préciser que le document qui circule sur les réseaux sociaux est un faux et ne provient pas de ses services officiels.
Ce que prétend ce communiqué viral
« La CENCO condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat ciblé du colonel Willy Ngoma, un acte qui démontre, une fois de plus, que le gouvernement congolais ne recherche nullement la paix prônée par l’institution, mais plutôt l’élimination systématique de la communauté banyamulenge ».
Cette information a été publiée sur la page Facebook de Jean-Luc Révolté Budiadia (lien archivé ici). Jusqu’au 25 février, la publication (lien archivé ici), totalisait 672 mentions « J’aime », 236 commentaires et 21 partages, témoignant d’une large diffusion.
Démenti de la CENCO
Nous avons consulté les sites officiels et le compte de la CENCO, notamment sur son compte X (anciennement Twitter), et nous retrouvons ce poste (lien archivé ici). Il s’agit d’un communiqué officiel démentant un autre document circulant, qui prétendait que la CENCO avait condamné l’assassinat de Willy Ngoma. Dans ce démenti, nous pouvons lire :
« Ce faux document ne peut provenir que de personnes de mauvaise foi, qui cherchent à ternir l’image de la CENCO. La CENCO met en garde, sous réserve de poursuites judiciaires, les auteurs de cette cybercriminalité. ».

Plusieurs autres sources d’information réputées ont également été consultés mais aucun média n’a confirmé que la CENCO aurait condamné l’assassinat de Willy Ngoma.
Verdict
Après vérification des comptes officiels de la CENCO (X et Facebook) et de plusieurs médias fiables, il apparaît qu’aucun média n’a confirmé que la CENCO aurait condamné l’assassinat de Willy Ngoma. Le communiqué officiel dément cette rumeur et met en garde contre ses auteurs. L’information est donc fausse.
Cette situation a provoqué confusion et désinformation. Elle rappelle l’importance de vérifier l’authenticité des informations et images auprès de sources crédibles avant de les partager.
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