Une vidéo mise en ligne sur le réseau social TikTok montrant une femme expliquant les traitements traditionnels pour la variole du singe, également connue sous le nom de Mpox. Cette vidéo circule sur les réseaux sociaux en République démocratique du Congo (RDC) depuis l’annonce de la recrudescence de cette maladie. On y voit une femme, diffusant en lingala, l’une des langues nationales de la RDC, comment elle a été guérie grâce à l’application de feuilles de manioc pilées mélangées avec du sel et du jus de canne à sucre.
Pour vérifier l’authenticité de cette information, nous avons pris contact avec un expert consultant national pour le Changement social et comportemental (Change Social and Behaviour ) SBC de l’UNICEF, impliqué dans la riposte contre la Mpox. De plus, nous avons effectué différentes recherches sur les traitements de la Mpox sur différents sites sanitaires, notamment l’OMS, l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI).
Affirmation
« L’application de feuilles de manioc pilées mélangées avec du sel et du jus de canne à sucre guérit la variole du singe (Mpox) », (texte traduit de lingala), indique un post publié sur le compte nommé Alphambokanda (lien archivé). Cette vidéo a généré plus de 1 million de vues, 55 800 mentions J’aime, 2 126 commentaires et 20 900 partages jusqu’au jeudi 20 février.
Des internautes dupés de cette information
En parcourant les commentaires, nous constatons que de nombreuses personnes ont accordé foi à cette information.
«Merci beaucoup ma sœur pour le secret »

Un autre internaute ayant cru à l’information dit même qu’il va la proposer comme ministre de la Santé
« Mère wumella tozo votes yo ministre ya santé »

Et d’autres personnes doutent de cette information.
« il y a une très grande différence entre varicelle et variole de singe maman varicelle to pe kolokoto c’est une étape pour toute les personnes »

Aucune preuve scientifique ne confirme que les feuilles de manioc traitent la Mpox
AGANZE KABIRIKIRA Constant, consultant national SBC de l’UNICEF renseigne qu’aucune preuve scientifique n’a jusque là prouvé l’efficacité des feuilles de manioc et du jus de canne à sucre comme remède de la Mpox.
« Aucune étude scientifique n’a prouvé jusqu’à ce jour que la Mpox peut être traitée par l’application des feuilles de manioc et du jus de canne à sucre sur le corps. La femme dans cette vidéo confond la Mpox avec la varicelle, pour laquelle il existe un traitement traditionnel que nos parents utilisent avec des feuilles de manioc et de l’eau chaude. Ce traitement traditionnel n’a rien à voir avec la Mpox», renseigne-t-il à Thibitisha Fact
Le ministère de la Santé de la RDC n’a fait aucune annonce sur une découverte de traitements traditionnels de la Mpox. De plus, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) n’a fait aucune annonce sur d’éventuels médicaments dérivés de plantes médicinales ou d’autres combinaisons comme remède contre la Mpox en RDC.
En menant nos recherches sur différents sites officiels sanitaires tels que l’OMS, le ministère de la Santé en RDC, l’INRB, et l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation, nous n’avons trouvé aucun remède découvert en Afrique pour lutter contre l’épidémie de Monkeypox sur le continent. Actuellement, la vaccination constitue l’une des principales stratégies de lutte, selon le ministère congolais de la Santé.
Rentabilité du vaccin
Selon cet article de l’organisation mondiale de la santé (OMS) Les données disponibles montrent que les vaccins MVA-BN et LC16m8 offrent une bonne protection aux personnes entièrement vaccinées. Les dernières études montrent que le risque de contracter la mpox est inférieur de 82 % chez les personnes vaccinées avec deux doses du vaccin MVA-BN, et de 76 % chez les personnes ayant reçu une seule dose, par rapport au risque chez les personnes qui n’ont pas reçu le vaccin.

De plus à l’heure actuelle, l’OMS recommande l’utilisation des vaccins MVA-BN ou CL16 pour les personnes à risque en cas de flambée de mpox. Le vaccin ACAM2000 peut également être utilisé chez certaines personnes après une évaluation individuelle lorsque d’autres vaccins ne sont pas disponibles.

Selon un article de l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) qui est une organisation internationale créée en 2000 pour sauver la vie des enfants et protéger la santé des populations en augmentant l’utilisation équitable des vaccins dans les pays à faible revenu. Le 11 février de l’année en cours, une expédition de 200 000 doses de vaccins contre le mpox, données par le Canada et facilitées par Gavi, l’Alliance du Vaccin, est arrivée à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). Ces vaccins ont été répartis conformément au Mécanisme d’accès et d’allocation (AAM) pour le mpox, établi par Gavi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et d’autres partenaires.
Symptômes et préventions de la mpox
Notons que le virus de la Mpox a été identifié pour la première fois en 1958 dans un élevage de singes de laboratoire au Danemark, et que le premier cas humain a été détecté en 1970 en République démocratique du Congo (RDC). Dans une vidéo de 5 minutes que nous avons retrouvée sur le compte YouTube du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique (OMS AFRO), les symptômes et les modes de prévention de la Mpox sont clairement expliqués. Parmi les symptômes, on retrouve la fièvre, les douleurs musculaires, les maux de tête, les maux de dos, l’éruption cutanée, les bosses sous la peau et le manque d’énergie.
Verdict
Aucune preuve scientifique ne montre que les feuilles de manioc, le jus de canne à sucre ou même l’huile de palme peuvent traiter la variole du singe (Monkeypox). Cela n’a été ni été découvert ni confirmé par le ministère de la Santé. L’utilisation de remèdes tels que l’huile de palme, les feuilles de manioc pilées et le jus de canne à sucre sur le corps n’est ni approuvée ni reconnue par le ministère de la Santé ou l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
Diffuser cette information peut semer la confusion chez beaucoup de gens, qui ne voudront plus aller à l’hôpital pour recevoir les bons soins. En plus, cela peut bloquer les efforts pour éliminer cette maladie, qui existe bien en République démocratique du Congo. Il est important de privilégier toujours les canaux officiels pour ne pas tomber dans la désinformation.
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